Danse indienne Bruxelles Bharata Natyam

 

 

Danse indienne Bruxelles / Indian Dancer

 

 

 

Photos : festival de danses indiennes au musée Guimet à Paris en 2009. 

 

 

Trois styles de danses, pratiquées dans chacune des grandes écoles de danses traditionnelles hindoues, existent en Inde : le nritta, qui combine une série complexe de mouvements incessants du pied et des poses sculpturales inspirées de l’art graphique ou des statues ; le natya, qui est une espèce de drame ou de pantomime, alliant le chant et la musique à la danse ; le nritya, dans lequel c’est le danseur lui-même qui chante. Les sources principales d’inspiration de la danse sont les grandes épopées sacrées : le Râmâyana, le Mahâbhârata, les Purânas.


On compte quatre écoles classiques traditionnelles : bharatanatya, kathakali, kathak et manipurî, auxquelles on joint parfois une cinquième école, mohinî attam. Mais il faut y ajouter également le Kichipudi et l’Orissi, une danse très élaborée de l’Orissa, qui avait disparue sous la domination britanique et qui a été « réinventée » au 20ème siècle.


Spectacle de danse par Malabika Sen au Musée Guimet le 31 mai 2008

 

Le bharata-natyam, pratiqué dans la région de Tanjore (Inde du Sud) est sans doute la plus populaire des danses classiques indienne. Elle était exécutée dans les temples, intégrée aux rituels religieux, exécutée par une classe de danseuses sacrées appelées devadasis, attachées au service cultuel.


C’est aujourd’hui une danse de scène pour un soliste, homme ou femme. Les mouvements sont codifiés minutieusement et leur connaissance exige un long et difficile apprentissage, qui requiert force et vigueur, grâce et finesse.

 

Le bharata-natya est caractérisé par des déplacements dans l’espace selon des lignes droites ou des triangles que les danseurs semblent tisser en fonction d’un patron géométrique. Il comprend des sauts, des poses à demi assises, des tournoiements très rapides, des pas sur la pointe des pieds, voire des talons, des mouvements des épaules, des poignets et du corps tout entier.


Suite : consultez les pages consacrées au Bhârata Natyam… 


Le kathakali est, par sa richesse chorégraphique et dramatique, le plus important des styles des écoles hindoues. Il existait déjà au IXe siècle.


C’est une sorte de drame qui commence par une prière et dont le pouvoir est tenu pour magique ; les thèmes en sont empruntés à la littérature sanskrite ou à des sujets réalistes (imitation d’animaux, tels que paon, daim, éléphant). Sa connaissance complète requiert près de sept ans d’exercices. Il est en honneur sur la côte sud-ouest de l’Inde (Kérala).


Les danseurs sont à demi assis et ils utilisent beaucoup de mudrâs et des jeux particuliers du regard ; ce qui permet un dialogue très précis entre partenaires. Les mudrâs (on en compte selon la tradition vingt-quatre ou vingt-huit principales) sont des gestes des mains imitatifs, évocatifs ou symboliques ; ils tiennent une grande place dans la danse. « Les arabesques des mains créent l’état d’âme de la danse, du danseur et du spectateur » (Usha Chatterji).


Danseurs et danseuses sont revêtus d’habits somptueux et se griment le visage d’après les prescriptions de la tradition concernant le personnage qu’ils représentent.


Le monde du Kathakali est peuplé de héros nobles et de démons perpétuellement en guerre. La vérité triomphe du mensonge, le bien renverse le mal. Les micros et macros-mouvements du visage, les oscillations des sourcils, des globes oculaires, des joues, du nez et du menton sont minutieusement élaborés,permettant d’exprimer promptement une grande variété d’émotions. Ces dernières servent à définir des traits de caractère pMaquillage Kathakalilutôt que des individus, comme la bonté, la méchanceté, la peur, l’exubérance, le courage, etc.  La danse elle-même n’est pas très complexe, ne comportant que des mouvements décoratifs en alternance avec les passages où les acteurs personnifient des traits caractériels.


Exécuté au théâtre par une troupe qui peut compter jusqu’à une trentaine de personnes, le kathakali dure parfois une douzaine d’heures. L’orchestre est composé de deux vocalistes pour les chansons, de tambours – le chenda (tambour cylindrique) et le (maddalam, tenu horizontalement)- , flûtes, vînâ, cymbales et gong.

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La danse « kathak »

 

D’origine religieuse, le kathak , était une danse sacrée de conteurs (« kathakara », d’où le nom de la danse) attachés aux temples dans l’Uttar Pradesh (Inde du Nord), où, selon les mythes, naquit Krishna.

 

Les épopées fondatrices telles que le Ramayana ou la Bhagavad-Gita, étaient « racontées » au moyen d’un travail de mime dansé (notamment par les mouvements pieds qui, par des pirouettes rapides, des arrêts subits, et d’autres figures dont les significations codifiée constituaient un langage de signes) à un public illettré (le sanskrit n’étant connu que par les Brahmanes), accompagnés d’une musique vocale et instrumentale. A partir du XVIe siècle et durant la période islamique, le Kathak, fort prisé dans les cours mogholes et subissant l’influences de danses persanes, se sécularisa et évolua vers une forme de divertissement raffiné.

 

On compte aujourd’hui trois écoles (ou gharana), de danse Khatak; l’école de Jaipur (Rajasthan), qui puise son origine dans les cours rajput et où l’accent est mis sur les tours et les rythmes des pieds, l’école de Lucknow, qui apparut dans les cours du Nabab de Oudh et où ce sont les expressions des émotions, la finesse des gestes et du mime qui sont mis en évidence et l’école de Bénarès, provenant des cours royales de Varanasi. Dans cette dernière prédominent les vigoureux martellements de pieds, les improvisations de virtuosité rythmiques dans les dialogues avec les percussions ainsi que les paran dansés de manière puissante.

 

Danse indienne Bruxelles : Kathak

La structure d’un spectacle de danse Kathak suit une progression de lent à rapide, se concluant sur un paroxysme dramatique. Après l’introduction propitiatoire, les passages de danse pure et narrative alternent.

Aujourd’hui dansé aussi bien par des hommes que des femmes, le Kathak est une danse exigeante qui fait appel à un langage chorégraphique extrêmement développé. On y trouve les mudra (gestes codés des mains), les mouvements des pieds, les expressions faciales, des déplacements circulaires, des pirouettes et les postures sculpturales. Les chorégraphies sont souvent récitées sous la forme de syllabes mnémotechniques, les bol, qui décrivent les évolutions de la danse et le tempo auquel elle sera interprétée.

 

L’accompagnement musical comprend les percussions, avec le tabla et parfois le pakhavaj, le chant ainsi qu’ un ou plusieurs instruments mélodiques tels que le sarangi , le sitar ou l’harmonium. Il se structure autour du dialogue entre les percussions et les danseurs. En effet, les grelots (ghunghuru, au nombre d’environ 250), noués aux chevilles des danseurs, sont des instruments à part entière.

 

Quand le danseur exécute ses thoras ou quand il fait une pirouette, le spectateur doute d’avoirun être humain devant lui : il pourrait croire à la vision d’un météore fugitif, à celle d’un éclair apparaissant un instant pour disparaître ensuite. » (« La danse hindoue » de Usha Chatterji).

 

Les Kathak est une danse caractérisée par un port altier, pudique, en même temps naturelle et codifiée dans sa gestuelle, de sorte que la grâce, l’émotion et la sophistication des gestes ainsi que la rapidité et la précision des rythmes en sont les qualités primordiales. Les thèmes de Krishna, Rhada, Shiva, Parvati et d’autres personnages mythologiques tiennent une place prépondérante dans les thématiques du répertoire khatak, mais on y trouve maintenant des récits historiques et des événements contemporains.

 

Le Manipuri (Manipur)


Cette danse provient de l’État du Manipur, dans le Nord-Est de l’Inde près de la frontière birmane (province d’Assam). Le terme « manipuri » recouvre en fait plusieurs danses en provenance de cette région, les plus prédominantes étant le Ras Lila et le Pung Cholom. La musique associée à ce style, de type hindoustani, joue un rôle plus important que celui d’un simple accompagnement.  Les chorégraphies s’appuient sur le son des cymbales (kartal ou manjira) et d’un tambour cylindrique (le pung) et sont accompagnées des chants mystiques (kirtânas).


Dans le Ras Lila, on compte cinq différentes danses dont les thèmes tournent autour de l’amour entre Krishna, Rhada et les gopîs (gardiennes des vaches). Les danses sont en général interprétées dans une enceinte spéciale disposée devant un temple. Les mouvements de la danse sont très ondoyants, créant un effet hypnotique.


Le Pung Cholom désigne une danse très caractéristique du Manipur. Elle s’appuie sur le rythme du pung.  Les danseurs jouent de ce tambour en même temps qu’ils exécutent la danse. Parfois, des gestes acrobatiques sont utilisés pour produire un effet d’excitation.  Ce style est pratiqué par des hommes et des femmes et sert généralement de prélude à la Ras Lila. D’autres instruments de musique communément employés comprennent l’harmonium, la flûte bansuri, le pena (luth à archet), le shankh (conche) et l’esraj (genre de sarangi).


Danse KuchipudiLe Kuchipudi, originaire du sud de l’Inde, plus précisément du village de Kuchipudi (Kuchelapuram) dans l’état de l’Andhra Pradesh, constitue également une tradition de théâtre dansé. Ces dernières années, il est devenu une danse interprétée par des femmes en solo, la plupart du temps, pour les scènes de spectacles, alors que traditionnellement, il était la chasse gardée des hommes, notamment les brahmans qui tenaient les rôles féminins.


La représentation débute par le daru, une chorégraphie accompagnée d’une chanson qui met en valeur l’habilité des danseurs et introduit l’ambiance de la trame dramatique. Le daru est par la suite suivi du drame proprement dit guidé par des chants de musique carnatique.

 

Ce style est réputé pour la fluidité des mouvements des danseurs et s’apparente au bharata natyam sous plusieurs aspects. Un élément unique à ce style se nomme le tarangam, ou l’artiste danse sur un plateau de cuivre, tenant des chandelles allumées dans les mains et balançant sur sa tête un vase rempli d’eau.


Danse classique de l’État de l’Orissa, l’Odissi a été reconstituée au XXe siècle, à la suite de l’indépendance de l’Inde (elle avait disparue sous le régime colonial britannique) par des d’étudiants et danseurs/professeurs qui formèrent une compagnie nommée « Jayantika ». L’Odissi remonte en quelque sorte à plus de 2000 ans sur le territoire de l’Orissa, comme semble en témoigner les bas-reliefs des temples de Bubaneshwar (capitale de l’état). Danse ODISSIC’est aujourd’hui une danse complexe qui requiert comme les autres danses indiennes un apprentissage professionnel. Signalons en passant que Bubaneshwar est le deuxième site indien – après Kadjuraho – célèbre pour ses scuptures de scènes érotiques, ce qui n’est peut-être pas pour rien en ce qui concerne la sensualité de l’Odissi.


Ce style est d’ailleurs intimement lié aux sculptures des temples de l’Orissa. Le tribhanga (triple flexion) que l’on retrouve dans la statuaire indienne caractérise ce style de danse avec ses mouvements indépendants de la tête, du buste et du bassin. L’Odissi exprime une vaste gamme de gestes corporels donnant l’illusion de sculptures devenant vivantes. L’expression des émotions est importante. La chorégraphie est accompagnée d’un récital poétique sur le thème de l’amour entre Krishna et Radha. La musique n’est pas hindoustani ni carnatique, mais régionale.

 

Le Mohini Attam, peut-être la plus jeune des danse classiques indiennes, danse du Kerala (sud-ouest de l’Inde) qui avait aussi pratiquement disparue avant d’être repratiquée, est exclusivement féminine (elle était éxécutée par les « dévadâsîs ») et réputée pour sa sensualité.

 

La thématique est centrée sur le mythe de Mohini : Brahma dit aux Dieux comment se procurer l’amrit, sorte d’ambroisie qui permet d’acquérir l’immortalité : ils doivent baratter « the milky ocean » afin d’obtenir le nectar souhaité. Danse indienne Bruxelles / image 8Pour s’assister dans ce travail ardu les Dieux demande l’aide des démons, qui acceptent, mais qui projettent, on s’en doute, de garder le nectar pour eux-mêmes…Vishnu apparaît pour empêcher le désastre en faisant intervenir une nymphe (aspara) aux charmes aptes à distraire les démons, finalement pas très démoniaques, de leur plans…

 

La danse commence par une ouverture nommé Cholkettu. La danseuse débute sur  un tempo modéré qui s’accélère graduellement pour atteindre une paroxysme (le moment ou les démons chavirent…) en alternant séquences de danse pure et travail expressif.

 

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